mardi 27 juin 2017

Blink-182 et Linkin Park pour démarrer ! (Download Festival - 09/06/17 - Brétigny-sur-Orge)


C'est donc le Download Festival, pour sa deuxième édition française, qui a accueilli Blink-182 avec Matt Skiba au chant et à la guitare, suite au départ avec fracas de Tom Delonge il y a quelques années. Revenus avec l'album « California », qui a marqué un retour aux sources pop punk avec des titres catchy, le trio américain était attendu de pied ferme par ses fans. On ne va pas se mentir et la question brûlait bien évidemment les lèvres de tous les fans... Qu'aller donner Blink-182 sans la voix caractéristique de son ancien chanteur ? Matt Skiba allait-il réussir à endosser cette lourde responsabilité ? Arrivera-t-il à s'intégrer au live et interpréter les anciens morceaux du groupe avec son propre style ? Après avoir pu juger en vidéo, le public français a désormais vu en live ce que ça pouvait donner.... En tant que fans depuis de longues années, nous étions très impatients nous aussi !


19h15. C'est au son du générique de « Stranger Things » que le groupe est entré sur scène pour entamer tambour battant avec « Feeling This ». Sous ce beau soleil parisien, c'est un peu un parfum de Californie qui est venu flotter sur la base aérienne du Download Festival. En effet, c'était assez inhabituel, et pas désagréable du tout, d'avoir vu Blink-182 jouer de jour. Seul petit bémol : nous n'avons pas pu profiter des projections sur les écrans sous la batterie de Travis Barker. Mais revenons au show. Travis Barker, comme à l'accoutumée, a été tout simplement monstrueux, et il est toujours aussi bon de suivre le batteur lors d'un morceau pour voir à quel point il excelle dans son art. Mark Hoppus, toujours aussi sympathique et souriant, a arpenté la scène de bout en bout et a beaucoup échangé avec le public, faisant notamment preuve d'humour en parlant un peu en français (« Je vais à la plage avec un stylo », « Où la bibliothèque ? »).


Quant à Matt Skiba, on peut dire qu'il fait le boulot plus que bien. S'il a fallu un titre ou deux pour s'habituer à cette nouvelle voix pour Blink, on a remarqué qu'il chantait davantage que Tom Delonge (ce dernier avait tendance à couper les phrases pour mieux les chanter) et il s'est bien intégré au groupe. Mark Hoppus lui laisse prendre sa place et il devrait encore plus être à l'aise au fil du temps. Ce nouveau trio semble être heureux sur scène et ne se cantonne pas qu'à un groupe jouant ses titres en forme de best of jusqu'à l’écœurement. Si bien sûr tous les tubes étaient là (« The Rock Show », « What's My Age Again ? », « First Date », « I Miss You », « Always », « All the Small Things »), nous avons pu découvrir le nouvel album en live et les fans ont fait un excellent accueil à ses titres. Ce fut un plaisir de profiter de « Cynical », « Bored to Death », « She's Out of Her Mind », « Sober » ou encore « Los Angeles », après avoir écouté maintes et maintes fois ces morceaux en version studio. 

Comme de coutume, c'est sur « Dammit » et une pluie de confettis que Blink a terminé son set. Une petite surprise attendait encore le public puisque après avoir vu Mark Hoppus revenir sur scène avec un masque de Stormtrooper, le fils de Travis Barker est venu montrer qu'il était bien le digne fils de son père en jouant de la batterie ! En résumé : un excellent concert et une alchimie retrouvée (si on considère qu'elle était un peu partie sur les derniers concerts avec Tom Delonge), un bonne intégration de Matt Skiba et une forte envie de pouvoir applaudir le groupe pour un concert en salle afin de profiter d'un set plus conséquent. Car si 1h10 de set et 22 morceaux, c'est déjà bon, on aurait bien aimé une petite rallonge. Quand on aime, on ne compte pas ! Blink-182 semble parti pour une nouvelle ère, faite de sortie d'albums et de tournées. On croise donc les doigts pour une prochaine date en France sans avoir à attendre plusieurs longues années !


Setlist

1. Feeling This
2. The Rock Show
3. Cynical
4. Anthem Part Two
5. What's My Age Again?
6. First Date
7. Bored to Death
8. Built This Pool
9. Down
10. I Miss You
11. Dumpweed
12. Reckless Abandon
13. She's Out of Her Mind
14. Always
15. Violence
16. Sober
17. Family Reunion
18. Dysentery Gary
19. Los Angeles
20. All the Small Things
21. Brohemian Rhapsody
22. Dammit

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Après Blink et une pause repas, nous étions curieux de pouvoir découvrir pour la première fois en live Linkin Park. Pas vraiment fans mais connaisseurs surtout de l'époque « Hybrid Theory » et « Meteora », nous avions un peu suivi les récentes polémiques sur le virage pop amorcé avec le nouvel album « One More Light », que nous n'avons d'ailleurs pas apprécié. Le groupe allait-il céder à la vindicte populaire et adapter son set dans un festival estampillé rock et metal ou bien ne pas se décourager et mettre en avant son dernier opus ? En se basant sur les setlists avant ce show, il semblerait que la tendance allait être plutôt la deuxième option. Alors que le public s'amassait petit à petit devant la grande scène, c'est aux alentours de 21h45 que Linkin Park a lancé les hostilités.


Avec un Mike Shinoda derrière un clavier orné d'un drapeau français, le groupe n'a pas manqué de montrer son attachement à ses fans hexagonaux. Le concert a débuté, en douceur, par « Talking to Myself », tiré de « One More Light », et on a alors découvert Linkin Park dans un registre pop. Il faut bien avouer que nous n'étions pas là pour ça. Alors c'est avec plaisir que l'on a retrouvé rapidement « Burn It Down » ou encore « One Stop Closer ». Au micro, Chester Bennington a été impeccable, qu'il assure des parties vocales claires ou plus criées. C'est bien simple, on se demande comment il fait pour ne pas égratigner son organe lors de ses démonstrations vocales ! Mike Shinoda n'est pas en reste lorsqu'il chante, rappe, joue de la guitare ou encore du clavier. Les deux figures de Linkin Park sont réellement complémentaires et de grands artistes.


Il a fallu bien bien reconnaître une chose. Lorsque le groupe a joué les titres du nouvel album, on a senti une baisse d'attention au sein du public et le concert a perdu en rythme. « Good Goodbye » et « Battle Symphony » en sont les parfaits exemples. Puis la magie a réopéré lorsque surviennent « New Divide » ou encore « Breaking the Habit ». On pourra également reprocher peu de communication avec le public. Gros show calibré et son impeccable, Linkin Park ne s'embarrasse pas des détails et peut paraître un groupe un peu froid. Nous avons préféré la deuxième partie du set, qui a fait la part belle aux titres les plus nerveux du répertoire du groupe comme « Somewhere I Belong », « What I've Done », « In the End » ou encore « Faint ». Que dire de l'enchaînement final avec notamment « Numb » et « Bleed It Out » ? Tout simplement grandiose ! Que cela plaise ou non aux fans des débuts, Linkin Park assume totalement son évolution, et propose à la fois des titres pop au beau milieu de ses morceaux les plus rock et metal. Si l'équilibre est parfois précaire et tend à plomber, selon nous, le set, il s'agit d'un groupe impressionnant sur scène qu'il faut avoir vu une fois dans sa vie quand on aime le rock ! Ce n'est pas pour rien que Linkin Park est en tête d'affiche des plus grands festivals aux quatre coins du globe, certainement pour de longues années encore...




Setlist

1. Talking to Myself
2. Burn It Down
3. The Catalyst
4. Wastelands
5. One Step Closer
6. Castle of Glas
7. Good Goodbye
8. Lost in the Echo
9. Battle Symphony
10. New Divide
11. Invisible
12. Waiting for the End
13. Breaking the Habit
14. One More Light
15. Crawling
16. Leave Out All the Rest
17. Somewhere I Belong
18. What I've Done
19. In the End
20. Faint
21. Numb
22. Heavy
23. Papercut
24. Bleed It Out



Crédits photographiques
Alexandre Fumeron : www.afterdepth.com
Nicko Guihal : www.nickoguihal.fr

mercredi 21 juin 2017

"LOOV" - Mat Bastard : le meilleur album rock français de l'année ?

Vous pensiez que le rock français était fini ? Faux ! Mat Bastard, via ses projets passés Carving et Skip the Use, l'avait démontré avec brio. Après l'annonce il y a quelques mois de la fin de Skip The Use - ses quatre anciens membres ont lancé de leur côté le groupe The NoFace - le bondissant Lillois avait indiqué qu'il travaillait sur son premier disque solo, depuis les États-Unis où il est parti s'installer avec femme et enfants. De l'autre côté de l'Atlantique, il s'est mué en producteur dans son studio et a réalisé des collaborations pour d'autres artistes. Mais à un moment, l'envie était trop de revenir à l'écriture. C'est un fait, Mat Bastard avait encore des choses à dire et mots à coucher sur le papier et à mettre en musique. C'est ainsi qu'est né « LOOV » (Love Each Other To The Death), le fruit de son premier travail en solo. Enfin solo pas tant que ça, puisqu'il a embarqué dans l'aventure ses vieux potes de Carving, qu'il connaît depuis l'adolescence, fans eux aussi des Clash, des Ramones, de NOFX, de Rancid ou encore des Béruriers Noirs.

L'essai est-il transformé ? La barre avait-elle été mise un peu trop haut avec Skip the Use ? Après l'écoute du premier single « More Than Friends », aux sonorités pop électro, on aurait pu craindre un virage musical éloigné des racines rock de son auteur. Mais dès l'écoute du morceau d'ouverture « Wild », on revient en terrain connu et on sait de suite que Mat Bastard nous a concocté un grand disque rock, et certainement le meilleur disque de rock français de cette année 2017 pour le moment. Avec ce trublion, on sait bien que le mélange des genres est toujours synonyme d'un cocktail détonnant. « Shift the Control » est une véritable machine à danser tandis que « Grave Of Broken Dreams » balance des sonorités reggae. « Rosemary » nous envoie directement dans un univers rock des années 50. Plus loin, « Honestly » a tout de l'hymne pop à reprendre en chœur sur scène alors que « Dark Light » se délecte comme un siroterait un bon cocktail en terrasse un soir d'été avec une légère brise rafraîchissante. 

 Ce métissage, ce mélange des genres et ces influences musicales diverses ont notamment mené Mat Bastard à enregistrer des titres du disque dans le studio du célèbre rappeur américain Dr Dre, un endroit où des guitares électriques n'avaient certainement pas pénétré depuis un long moment ! Sur cet album, Mat Bastard avait bien évidemment l'intention de parler de sujets forts qui lui tiennent à cœur. Seul morceau en français, le rock énervé de « Vivre mieux » évoque notamment l'affaire Théo, la société actuelle parfois anxiogène et la manipulation politique et des médias. N'allez pas croire que le tableau dépeint est totalement noir ! Avec « Stand As One », qui a tout du tube en puissance à la « Ghost », Mat Bastard nous pousse à nous unir, tous ensemble, comme un seul homme, comme un seul être, un message qu'il porte depuis de longues années lors des ses prestations scéniques toujours mémorables, véritables moments de communion et de fête entre le public et l'artiste.

« Shout » est une autre pépite rock qui devrait facilement faire sauter les foules lors de la tournée des festivals et des dates qui devraient suivre à l'automne et l'an prochain. D'autres thématiques fortes sont traitées comme la féminité sur « Girls » ou encore la dépression avec « Tamachute ». Sur « Stay Close To Me », on retrouve encore un Mat Bastard rock et bondissant rappelant quelque part les sonorités de Skip the Use. Au moment de faire le bilan de cet album, que retenir ? Tel un tour dans un grand huit ou encore dans une machine à laver en mode essorage maximum, on ressort ébouriffé par ces 14 titres qui sont autant d'univers à découvrir. À 11 ans, Mat Bastard allait au collège habillé comme le chanteur d'Iron Maiden. À 12 ans, il montait le groupe Carving et à 14 ans il jouait au festival de Dour. Aujourd'hui, il est encore là et prouve qu'il a toujours cru en lui. Sincère et honnête, le punk est parti pour s'installer durablement, en famille, avec ses potes, fidèles de la première heure. Pas de doute, the Bastard is Back ! 


Tracklist
1. Wild
2. Shift The Control
3. Grave Of Broken Dreams
4. Rosemary
5. Honestly
6. More Than Friends
7. Dark Light
8. Vivre mieux
9. Shout
10. Stand As One
11. Girls
12. No Remedy
13. Stay Close To Me
14. Tamachute

La sélection de Rock'n'Live
Wild, Shift The Control, Rosemary, Stand As One, Stay Close To Me

mardi 20 juin 2017

Good Charlotte : comme au bon vieux temps ! (Good Charlotte - 07/06/17 - Bataclan)



 Le 1er février 2011, Good Charlotte donnait son dernier concert en France, au Bataclan, avant de marquer une pause musicale et de laisser les frères jumeaux Benji et Joel Madden s'adonner au périlleux exercice d'une carrière solo. Après ce projet au succès peu retentissant, Good Charlotte a décidé de se retrouver pour sortir un album, « Youth Authority », marquant un retour aux sources pop punk. Après une tournée aux États-Unis, c'est en Europe que Good Charlotte s'est envolé en ce mois de juin. Petit événement en quelques jours à peine : le public français aura au l'occasion de pouvoir applaudir Simple Plan au Bataclan, Good Charlotte, Blink-182 et Green Day au Download Festival : tout simplement quelques-unes des formations considérées comme la fine fleur du genre pop punk depuis plusieurs décennies !


Mais revenons à nos moutons et à Good Charlotte. Dès 18h, la queue sur le trottoir amenant au Bataclan était déjà bien fournie, preuve que les fans étaient au rendez-vous ! Pour cette date, l'attente avant de pouvoir applaudir le groupe américain sera longue puisque pas moins de trois groupes étaient programmés avant. Good Charlotte aurait-il rempli la salle sans les présences d'Issues, de State Champs et de Sleeping With Sirens ? Nous on pense clairement que oui ! Le groupe a peut-être souhaité voir s'il était toujours aussi populaire après quelques années d'absence avec cette copieuse affiche, qui a permis d'attirer d'autre fans et de faire découvrir des groupes. Ce fut tout d'abord à Issues de lancer les hostilités avec un chanteur assurant les parties claires du chant, tandis que l'autre était chargé du scream. L'accueil a été plutôt timide, malgré quelques fans présents. L'ambiance a été tout autre avec l'arrivée de State Champs, qui a réussi à soulever la fosse avec son énergie et ses compositions pop punk ultra efficaces. Le groupe a su jouer avec le public et se faire connaître des autres comme la relève de cette scène, dans la lignée de formations comme Neck Deep.


Avant Good Charlotte, le dernier groupe à se produire fut Sleeping With Sirens. Si son chanteur, avec sa voix aiguë caractéristique, a fait preuve de générosité, seuls les fans ont semblé apprécier le set, tandis que la majorité du public piaffait d'impatience pour retrouver Good Charlotte. Aux alentours de 21h30, la formation tête d'affiche du soir a enfin investi la scène et la fosse, en ébullition, s'est immédiatement mise à danser, chanter et à pogoter pour faire un accueil digne de ce nom à ses chouchous. En effet, dès « The Anthem », le public a su fêter comme il se doit Good Charlotte. Le son et l'ambiance pop punk du début des années 2000 étaientt bien là et « Girls & Boys », puis « Riot Girl » ont parfaitement su le prouver. Joel et Benji Madden n'auront pas arrêté de remercier le public français pour sa fidélité tout au long de sa carrière et leur avoir permis de réaliser leur rêve en pouvant venir jouer en dehors de leur pays d'origine.



Parfois la nostalgie, telle une madeleine de Proust, peut enjoliver une prestation et faire passer outre les quelques défauts observés. Ce soir, on peut dire que le poids des ans s'est fait quelque peu sentir sur un groupe, certes heureux de se produire sur scène, mais un peu moins énergique et mobile sur scène que lors de son dernier passage six ans plus tôt. Mais peu importe car le plaisir partagé était là ! Après « Life Changes », tiré du nouvel album, « Hold On » ou encore « Little Things » ont rappelé la belle époque où Good Charlotte était dans les écouteurs de tous. Lentement mais sûrement, la setlist se déroulait pour arriver à un enchaînement de folie : « The River », « Dance Floor Anthem », « I Just Wanna Live » et « Lifestyles of the Rich & Famous » pour terminer en apothéose. Deuxième petit bémol : une heure de set au total, soit 15 morceaux, en forme de best of, ceci étant du certainement au fait que trois groupes jouaient avant (nous avions eu droit à 1h30 de set et 21 titres joués en 2011). Espérons un retour prochainement avec cette fois-ci un set plus conséquent. Vu l'accueil fait par le public à Good Charlotte et leur plaisir d'être là, on peut légitimement y croire !


Setlist

1. The Anthem
2. The Story of My Old Man
3. My Bloody Valentine
4. Girls & Boys
5. Riot Girl
6. Life Changes
7. Predictable
8. Hold On
9. Makeshift Love
10. Little Things
11. The Young and the Hopeless
12. The River
13. Dance Floor Anthem
14. I Just Wanna Live

15. Lifestyles of the Rich & Famous

Crédits photographiques : Mathilde Miossec (http://mathildemphoto.com).

Nous tenons aussi à remercier Ninon d'Alternative Live.

lundi 19 juin 2017

Concours : gagnez 2 albums "LOOV" de Mat Bastard !




De retour avec son premier album solo intitulé "LOOV", Mat Bastard est prêt à faire bouger les amateurs de rock avec des compositions rageuses. Sur les routes à l'occasion des festivals d'été, le bondissant artiste est à un artiste à venir applaudir sur scène.

En collaboration avec Polydor, Rock'n'Live vous permet de remporter deux exemplaires de ce nouveau disque. Pour tenter votre chance, il vous suffit de liker notre page Facebook (https://www.facebook.com/rocknliveblog) et de répondre à la question suivante : Avec quel groupe Mat Bastard s'est-il fait connaître auprès du grand public ?

Envoyez vos coordonnées (nom, prénom, adresse et mail) et votre réponse à : contact.rocknlive@gmail.com

Bonne chance. Le concours est ouvert jusqu'au 3 juillet pour les personnes résidant en France métropolitaine.

Mise à jour du 10.07.17


gagnants concours mat bastard loov' rock'n'live blog



Félicitations à nos deux gagnantes Stéphanie et Isabelle
surveillez vos boites aux lettres car vous recevrez très bientôt l'album de Mat !
Un très grand merci aux autres participants !

lundi 24 avril 2017

Frank Turner : comme à la maison ! (Frank Turner & The Sleeping Souls - Maroquinerie - 21/04/17)


De retour avec son groupe, les Sleeping Souls, à Paris, après un passage en solo en septembre 2015, Frank Turner assurait ce soir là sa dernière date en France de la tournée de promotion de son album « Positive Songs For Negative People ». On pouvait compter, comme à chaque fois, une colonie britannique conséquente dans l’assistance, pouvant applaudir l’artiste dans une salle à taille plus humaine que dans les grandes enceintes outre-Manche. C’est Sam Duckworth, qui a lancé la soirée avec un set acoustique. L’artiste du groupe Get Cape. Wear Cape. Fly a touché le public avec des compositions sensibles. Il en a profité pour tacler le Front National et Marine Le Pen, alors que le premier tour de l’élection présidentielle n’était prévu que deux jours plus tard avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui…

Retour à la musique avec l’acolyte de Frank Turner et ami de longue date, Forest Pooky, accompagné ce soir d’un guitariste pour nous emmener dans son univers parfois teinté de blues, mais aussi de folk. Alternant le français et l’anglais pour satisfaire l’ensemble du public présent, il a livre un set toujours aussi prenant et sincère. Sa voix puissante et son sens de l’interprétation sont toujours aussi forts. Il a également raconté quelques anecdotes comme celle qui a donné naissance au morceau « Lullabies » : lorsqu’il était enfant, il faisait des cauchemars avec un requin à tête de chat ! Peu après 21h et un changement de plateau rapide, Frank Turner et les Sleeping Souls ont investi la scène, lançant le set sans crier gare par plusieurs morceaux de leur dernier album. « Get Better », « Glorious You », « Josephine » et « The Next Storm » ont littéralement électrisé le public. C’est bien simple, de bout en bout du show, on aura entendu autant les fans reprendre les chants en chœur que Frank Turner et ses acolytes !

Toujours aussi content d’être en France et parlant la langue de Molière du mieux qu’il peut, Frank Turner a toujours cette classe et cette propension à interpréter ses morceaux avec une générosité et une authenticité rares. Pas le temps de souffler que « Recovery » a continué d’embraser la foule. L’artiste anglais n’a pas manqué d’indiquer qu’il s’agissait du premier concert en compagnie des Sleeping Souls depuis le mois de décembre 2016, date à laquelle le claviériste Matt Nasir était devenu papa pour la première fois. Car un concert de Frank Turner, c’est aussi de nombreuses anecdotes et moments de partage entre lui et ses fans. Après « Peggy Sang the Blues » et « Losing Days », il a rappelé l’histoire derrière le morceau « The Way I Tend to Be ». Ce titre parle en effet d’une rupture sentimentale qu’il a connue. Peu de temps après, alors qu’il était en tournée en Australie, il a tenu un koala dans ses bras dans un zoo. L’animal, qui sentait fort les feuilles d’eucalyptus, lui rappelait l’odeur du shampoing de son ex !

Un autre beau moment de partage est survenu lorsqu’il a interprété, en français et seul sur scène, le morceau « Substitute », alors que son technicien guitare lui tenait la traduction des paroles en français. Si souvent, on peut parfois penser que des textes en français sont moins efficaces et parfois un peu « gnangnan », il a prouvé qu’une bonne mélodie et une bonne écriture font une bonne chanson ! Après le titre gag « Putain de Bordel de Merde », il a poursuivi avec « St Christopher Is Comig Home » et le rafraîchissant « The Opening Act of Spring ». Le concert commençait petit à petit à toucher à son terme alors qu’est intervenu «  Mittens » C’est sur « Photosynthesis » qu’il a choisi de dire une première fois au revoir à ses fans. 

Mais c’était bien évidemment pour revenir de plus belle pour le traditionnel rappel avec le classique « Love Ire & Song », repris comme un seul homme par tout le public. Après « The Road », l’enchaînement parfait « I Still Believe », puis « Four Simple Words », directement lancé en supprimant l’introduction, a achevé les débats en apothéose. Frank Turner a fini par slammer dans la fosse, rappelant les racines punk rock de ses débuts avec son groupe Million Dead. Trempé jusqu’aux os, depuis le début du concert, il n’a pas manqué de faire une annonce de taille : le groupe va prochainement se mettre au travail sur un nouvel album et promet, à l’avenir, de toujours passer par la case France à l’occasion de ses prochaines tournées. On a déjà hâte d’y être... Si l’on devait résumer l’essence même de la musique, du rock et de la générosité en deux mots : Frank Turner !

Setlist

1. Get Better
2. Glorious You
3. Josephine
4. The Next Storm
5. Out of Breath
6. Recovery
7. I Am Disappeared
8. Peggy Sang the Blues
9. Losing Days
10. The Way I Tend to Be
11. Journey of the Magi
12. Substitute (en français)
13. Putain de Bordel de Merde
14. St. Christopher Is Coming Home
15. The Opening Act of Spring
16. Mittens
17. If Ever I Stray
18. Photosynthesis

Rappel

19. Love Ire & Song
20. The Road
21. I Still Believe
22. Four Simple Words